dimanche 1 novembre 2009
Toussaint
Le 1er novembre, la fête de la Toussaint unit l’Église de la terre à l’Eglise du ciel qui partage la Sainteté de Dieu. Cette célébration nous relie non seulement à tous les saints canonisés, c’est-à-dire ceux dont l’Église assure, en engageant son autorité, qu’ils sont dans la Gloire de Dieu, mais aussi à ceux qui, en fait les plus nombreux, sont dans la béatitude divine. La Toussaint donne ainsi un avant-goût de la liturgie éternelle que la liturgie de la terre anticipe.
La Solennité de tous les saints semble liée, historiquement, à la dédicace de l’ancien temple romain du Panthéon par le pape Boniface IV au début du VIIe siècle. Originellement dédié à tous les dieux — c’est le sens du nom en grec — le Panthéon fut consacré à Marie et à tous les martyrs, auxquels on ajouta plus tard les confesseurs. L’anniversaire de la dédicace du Panthéon, et donc la fête de tous les saints, fut fixée d’abord au 13 mai, puis, en 835, au 1er novembre.
Le lendemain de la Toussaint, 2 novembre, l’Église catholique met tous les défunts au cœur de sa prière liturgique.
Vers l’an 1000, pour que la Toussaint garde précisément son caractère propre et qu’elle ne soit pas une journée des morts, Odilon, abbé de Cluny, impose à tous ses monastères la commémoration des défunts par une messe solennelle le 2 novembre. Cette fête liturgique est à la fois une journée de commémoration et une journée d’intercession ; on fait mémoire des défunts et on prie pour eux. On prie pour les défunts car ils ont besoin d’une purification pour être pleinement avec Dieu. Notre prière peut les aider dans leur épreuve de purification, en vertu de ce qu’on appelle "la communion des saints". La communion des saints, c’est la communion de vie qui existe entre nous et ceux qui nous ont précédés. Il y a, dans le Christ, mort et ressuscité, un lien mutuel et une solidarité entre les vivants et les morts.
La Toussaint et la fête des morts, à la fois séparées dans le calendrier liturgique et en même temps articulées par leur enchainement, manifestent, d’une part avec tous les saints et de l’autre avec tous les fidèles défunts, ce même Salut inauguré par le Christ mort et ressuscité.
Prière pour les saints
Reine de tous les saints, glorieux Apôtres et Evangélistes, Martyrs invincibles, généreux Confesseurs, savants Docteurs, illustres Anachorètes, dévoués Moines et Prêtres, Vierges pures et pieuses femmes, je me réjouis de la gloire ineffable à laquelle vous êtes élevés dans le Royaume de Jésus-Christ, notre divin Maître.
Je bénis le Très-Haut des dons et des faveurs extraordinaires dont il vous a comblés et du rang sublime où il vous élève. O amis de Dieu !
O vous qui buvez à longs traits au torrent des délices éternelles, et qui habitez cette patrie immortelle, cette heureuse cité, où abondent les solides richesses ! Puissants Protecteurs, abaissez vos regards sur nous qui combattons, qui gémissons encore dans l’exil, et obtenez-nous la force et les secours que sollicite notre faiblesse pour atteindre vos vertus, perpétuer vos triomphes et partager vos couronnes.
O Vous tous, bienheureux habitants du ciel, saints amis de Dieu qui avez traversé la mer orageuse de cette vie périssable, et qui avez mérité d’entrer dans le port tranquille de la paix souveraine et de l’éternel repos !
O saintes âmes du paradis, vous qui, maintenant à l’abri des écueils et des tempêtes, jouissez d’un bonheur qui ne doit pas finir, je vous en conjure, au nom de la charité qui remplit votre coeur, au nom de Celui qui vous a choisis et qui vous a faits tels que vous êtes, écoutez ma prière.
Prenez part à nos travaux et à nos combats, vous qui portez sur vos vos fronts vainqueurs une couronne incorruptible de gloire ; ayez pitié de nos innombrables misères, vous qui êtes à jamais délivrés de ce triste exil ; souvenez-vous de nos tentations, vous qui êtes affermis dans la justice ; intéressez-vous à notre salut, vous qui n’avez plus rien à redouter pour le vôtre ; tranquillement assis sur la montagne de Sion, n’oubliez pas ceux qui gisent encore couchés dans la vallée des larmes.
Puissante armée des saints, troupe bienheureuse des apôtres et évangélistes, des martyrs, des confesseurs, des docteurs, des anachorètes et des moines, des prêtres, des saintes femmes et des vierges pures, priez sans cesse pour nous misérables pécheurs. Tendez-nous une main secourable, détournez de nos têtes coupables la justice irritée de Dieu ; faites entrer par vos prières notre frêle navire dans le port de la bienheureuse éternité.
Saint Augustin
dimanche 25 octobre 2009
Dimanche 25 octobre
Evangile de Jésus Christ selon saint Marc (10, 46-52)
Tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule
nombreuse, un mendiant aveugle, Bartimée, le fils de Timée, était assis
au bord de la route. Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit
à crier : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! » Beaucoup de gens
l’interpellaient vivement pour le faire taire, mais il criait de plus
belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit :
« Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance,
lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut
vers Jésus. Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? –
Rabbouni, que je voie. » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. »
Aussitôt l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus sur la route
Pistes de réflexion
La guérison de l’aveugle Bartimée se situe juste avant la dernière montée de Jésus vers Jérusalem.
Bartimée est aveugle donc il ne peut pas travailler, il est condamné à
mendier. Mais il n’est pas sourd et a entendu parler de Jésus.
« Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! » Ce cri
de Bartimée est une profession de foi. En effet, les prophètes ont
annoncé que le messie serait de la maison de David or Joseph, papa de
Jésus, est un descendant du roi David, de la tribu de Juda (cf. la
généalogie de Jésus au début de l’évangile selon saint Matthieu.) C’est
la première foi dans cet évangile que Jésus se fait appeler ainsi.
Bartimée met sa confiance en Jésus car il croit qu’il est le sauveur.
Sa prière est insistante, il y met tout son espoir.
« Appelez-le. » A ce cri d’appel de Bartimée, Jésus
va répondre en l’appelant à son tour. Jésus arrive à renverser la
situation : la foule qui faisait taire Bartimée l’encourage à présent.
Il se lève, geste qui préfigure la résurrection, pour lui le départ
d’une nouvelle vie. Il laisse son manteau, sûrement sa seule richesse,
mais il est prêt à tout pour rencontrer Jésus et ne veut pas arriver
encombré d’un manteau qui risquerait de le ralentir. Quel dynamisme !
Il bondit, court, tout heureux de répondre à l’appel de Jésus.
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » C’est
étonnant que Jésus qui voit le fond du cœur de chacun lui pose cette
question. Il faut croire que Jésus désire que Bartimée participe à sa
guérison, qu’il exprime son désir, qu’un dialogue s’installe.
« Rabbouni, que je voie. » Jésus était appelé
« rabbi » qui veut dire maître, et voilà que Bartimée dans son élan
l’appelle « rabbouni » qui est plus affectueux.
« Va, ta foi t’a sauvé. » Jésus a perçu toute la
foi de Bartimée, et aussitôt il le guérit et l’envoie en mission.
Bartimée va devenir un disciple de Jésus.
Même si nous ne sommes pas aveugles, Jésus veut nous guérir de tout ce
qui nous handicape pour que nous puissions marcher avec lui. Comme pour
Bartimée, Jésus nous invite à lui exprimer nos désirs, à dialoguer avec
lui. Jésus est toujours à la porte de notre cœur, mais cette porte ne
s’ouvre que de l’intérieur : c’est à nous de l’ouvrir pour rencontrer
Jésus. Lui ne viendra pas forcer notre porte comme un voleur car il
veut à tout prix que nous le choisissions en toute liberté.
Source : « L’intelligence des Ecritures », MN Thabut, ed. Soceval
dimanche 11 octobre 2009
Diamnche 11 octobre
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (10, 17-27)
Jésus se mettait en route quand un homme accourut ver lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. » L’homme répondit : « Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »
Posant son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer. Il lui dit : « une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « comme il est difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le Royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « mais alors, qui peut-être sauvé ? » Jésus les regarde et répond : « pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »Pistes de réflexion
« Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. » Ce jeune homme est vraiment un bon juif, il a toujours été obéissant aux commandements donnés par Dieu à Moïse.
« Posant son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer » : Jésus regarde le jeune homme jusqu’au fond de son cœur, il l’aime et ne désire que son bonheur.
« … va, vends tout ce que tu as… » Jésus touche le point faible de ce jeune homme, l’attachement à ses biens. Il voudrait le libérer de ce lien qui l’enchaîne, afin de le rendre heureux et capable de le suivre.
Jésus veut le faire passer de l’application de la loi de l’Ancien Testament à l’annonce du royaume d’amour. Jésus l’invite à dépasser la morale et la loi (ce qui est bien et mal, ce qui est permis et défendu) pour l’entraîner à sa suite sur un chemin de vie (en coupant les liens qui l’empêchent d’être libre et heureux.)
« Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste … » : le jeune homme n’arrive pas à dire « oui » à Jésus et il devient triste. En réalité, ce n’est pas lui qui possède des richesses mais ce sont les richesses qui le possèdent.
« comme il est difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! » : le partage des richesses n’est pas un but mais un moyen d’entrer dans le royaume de Dieu. Jésus invite le jeune homme à entrer dans le royaume tout de suite, par une vraie conversion. Le Royaume n’est pas une récompense donnée au terme d’une vie terrestre mais un cadeau pour celui qui rencontre personnellement le Christ.
« tout est possible à Dieu. » : heureusement que l’évangile ne se termine pas par la comparaison du chameau essayant de passer par le trou d’une aiguille car ce serait décourageant ! Jésus nous rappelle que toute notre vie est dans les mains de Dieu.
Cet évangile nous pose une question très personnelle car la réponse est propre à chacun. Qu’est ce qui m’empêche de suivre Jésus ? Peut-être que ce sont mes biens que je n’arrive pas à partager donc qui m’empêchent d’aimer les autres. Jésus veut me montrer un chemin libérateur : je donne aux autres et je suis content de moi, je suis joyeux, je me sens plus léger, je ne suis plus préoccupé par mes biens matériels et mon esprit est libre pour aimer les autres, pour prier, …Notre pape Benoit XVI nous encourage à suivre Jésus en toute confiance : « Nayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. »
Source : « L’intelligence des Ecritures », MN Thabut, ed. Soceval
dimanche 27 septembre 2009
Dimanche 27 septembre
Evangile de Jésus Christ selon saint Marc (9, 38-48)
Jean, l’un des douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu
quelqu’un chasser les esprits mauvais en ton nom ; nous avons voulu
l’en empêcher, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus
répondit : « Ne l’empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon
nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n’est
pas contre nous est pour nous. Et celui qui vous donnera un verre d’eau
au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne
restera pas sans récompense.
Celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits qui croient en
moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules
que tournent les ânes, et qu’on les jette à la mer. Et si ta main
t’entraîne au péché, coupe-la. Il vaut mieux entrer manchot dans la vie
éternelle que d’être jeté avec tes deux mains dans la géhenne, là où le
feu ne s’éteint pas. Si ton pied t’entraîne au péché, coupe-le. Il vaut
mieux entrer estropié dans la vie éternelle que d’être jeté avec tes
deux pieds dans la géhenne. Si ton oeil t’entraîne au péché,
arrache-le. Il vaut mieux entrer borgne dans le Royaume de Dieu que
d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne, là où le ver ne meurt
pas et où le feu ne s’éteint pas. »
Pistes de réflexion
« Jean, l’un des douze » Au début de l’évangile (Mc
3, 13-19) Jésus choisit ses disciples et les appelle par leur nom. Il
est probable que les douze sont assez fiers de faire partie de l’élite
à qui Jésus a donné le pouvoir de chasser les démons. Jean est choqué
(peut-être un peu jaloux ?) de voir qu’un inconnu chasse les esprits
mauvais au nom de Jésus. Il a un réflexe d’exclusion, par peur que
d’autres prennent sa place et par orgueil, conscient de son rang auprès
de Jésus.
« Ne l’empêchez pas » La réponse de Jésus est un
ordre. Jésus ne cherche pas à savoir qui est cet inconnu, il a des vues
plus larges que celles de ses disciples. Pourvu que les miracles soient
faits au nom de Jésus (l’expression est répétée puis reprise une
troisième fois « au nom de votre appartenance au Christ. ») Cela montre
combien Jésus fait confiance à chacun de ses enfants.
« Celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi … »
Cette parole résonne comme la menace d’une mère vis-à-vis de ceux qui
pourraient faire du mal à ses enfants. Jésus non seulement nous fait
confiance mais nous protège. De quoi nous protège-t-il ? De tout ce qui
nous fait chuter. Nous pensons spontanément à des personnes qui ont une
mauvaise influence sur nous, qui nous poussent à pécher.
« Et si ta main t’entraîne au péché…, ton pied... , ton œil … »
Jésus emploie une métaphore qui nous fait comprendre que les tentations
ne viennent pas forcément de l’extérieur mais qu’elles peuvent venir du
dedans de nous. La frontière entre le bien et le mal traverse le cœur
de chacun de nous. Si l’on veut préférer le Royaume de Dieu à tout le
reste, il faut décider de se séparer de certaines habitudes, de
certaines activités, parfois de certaines personnes.
Attention, cela risque de faire mal sur le coup, mais c’est parfois
nécessaire au bonheur éternel que Jésus désire pour nous.
« dans la géhenne, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. »
La géhenne est le nom d’un ravin qui entoure la ville de Jérusalem. On
y brûlait des détritus, et il devait sa sinistre réputation au fait
qu’il avait été également le lieu où l’on sacrifiait des enfants (au
temps des rois Achaz et Manassé au VIII° siècle avant Jésus-Christ).
Cette pratique était totalement désapprouvée par les prophètes, si bien
que la géhenne était devenue le symbole de l’horreur absolue.
Chaque enfant peut imaginer qu’il a une paire de ciseaux dans les mains
et en faisant son examen de conscience, réfléchit à ce qu’il pourrait
couper : une tendance à ne pas partager, des paroles de médisance, des
habitudes de mensonge …
On peut encourager les enfants qui se sont déjà confessés à se préparer
à recevoir le sacrement de réconciliation à la lumière de cet évangile.
Source : « L’intelligence des Ecritures », MN Thabut, ed. Soceval
dimanche 20 septembre 2009
Dimanche 20 septembre
Evangile de Jésus Christ selon saint Marc (9, 30-37)
Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas
qu’on le sache. Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l’homme
est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après
sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces
paroles et ils avaient peur de l’interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur
demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient,
car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était
le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les douze et leur dit : « Si
quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le
serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu
d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un
enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui
m’accueille, ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyé. »
Pistes de réflexion
Le premier paragraphe rappelle l’évangile de dimanche dernier. C’est
l’occasion de demander aux enfants s’ils se souviennent de ce qui a été
dit le dimanche précédent. Jésus annonce sa passion mais les disciples
ne comprennent pas. Il recommencera, pour ouvrir peu à peu le cœur et
l’intelligence de ses disciples au mystère de la croix.
Passons au second paragraphe :
« ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. »
Ce n’est pas très glorieux de se mesurer aux autres et d’essayer d’être
supérieur à eux. On pourrait s’attendre à des reproches de la part de
Jésus mais il n’a pas l’air horrifié.
« S’étant assis, Jésus appela les douze et leur dit »
Si Jésus s’assied, position de celui qui enseigne, et convoque les
douze apôtres, c’est qu’il va leur dire quelque chose d’important. Il
aurait pu leur parler sur la route, il a préféré attendre pour donner
du poids à ses paroles.
« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Jésus ne dit pas à ses disciples « c’est mal de vouloir être le
premier », il leur donne même le moyen d’y arriver. Ce moyen est très
simple, à la portée de tout le monde mais à contre courant de toutes
les compétitions humaines. Ce qui compte pour Jésus, c’est que je sois
le champion de l’amour, et celui qui aime le mieux, c’est celui qui
s’oublie lui-même et se met au service des autres. Jésus me demande de
préférer la dernière place pour que mon ami, mon frère, mon voisin …
ait la meilleure place. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut être bêta,
ignorant, peu sportif … bien sûr que non ! Mais il faut développer de
son mieux ses propres talents dans le but de servir les autres. Etre
compétent n’est pas un but, mais peut devenir un bon moyen pour se
mettre au service des autres. Servir n’est pas devenir rabougri mais au
contraire être pleinement épanoui car capable de s’ouvrir aux besoins
de l’autre. C’est une façon d’aimer, d’un amour qui n’est pas possessif
mais oblatif.
« Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. »
Servir Dieu et servir son frère, c’est la même chose. S’il est parfois
difficile d’aimer quelqu’un, pensons que nous aimons le Christ en lui.
Si on ne peut pas l’aimer par les sentiments, essayons de l’aimer en
acte, en l’accueillant, en lui rendant service …
Pourquoi Jésus choisit-il un enfant ? Parce que Jésus va vers les plus
humbles. Les enfants du temps de Jésus n’étaient pas des « enfants
rois. » Jésus nous invite à accueillir les plus petits, ceux à qui ne
sont pas bien considérés.
Source : « L’intelligence des Ecritures », MN Thabut, ed. Soceval
dimanche 13 septembre 2009
Dimanche 13 septembre
Evangile de Jésus Christ selon saint Marc (8, 27-35)
Jésus s’en alla avec ses disciples vers les villages situés dans la
région de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il les interrogeait :
« Pour les gens, qui suis-je ? » Ils répondirent : « Jean Baptiste ;
pour d’autres, Elie ; pour d’autres, un des prophètes. » Il les
interrogeait de nouveau : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui
suis-je ? » Pierre prend la parole et répond : « Tu es le Messie. » Il
leur défendit alors vivement de parler de lui à personne. Et pour la
première fois, il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme
souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des
prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il
ressuscite. Jésus disait cela ouvertement. Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant
ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi,
Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des
hommes. » Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si
quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il
prenne sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la
perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Evangile, la
sauvera. »
Pistes de réflexion
« Ils répondirent : ‘Jean Baptiste ; pour d’autres, Elie ; pour d’autres, un des prophètes.’ »
Jean-Baptiste a été exécuté peu de temps avant et certains pensent
qu’il est le Messie et qu’il est réapparu en la personne de Jésus.
Quant à Elie, la Bible dit qu’il a quitté cette terre dans un char de
feu (2 Roi 2, 11), si bien que beaucoup attendaient son retour. Un
prophète, Jésus l’est assurément puisqu’il est la bouche de Dieu.
Souvenons-nous que la mission d’un prophète n’a jamais été de prédire
l’avenir (la divination est interdite depuis très longtemps en Israël)
mais d’être le porte-voix de la Parole de Dieu.
« Pierre prend la parole et répond : ‘Tu es le Messie.’ »
Voici la fameuse profession de foi de Pierre, qui signifie tu es le
Christ, celui qui a reçu l’onction du Seigneur et que le peuple juif
attend pour inaugurer une ère de paix et de prospérité.
« Et pour la première fois » Cet évangile est un
tournant dans la vie de Jésus. Ses disciples attendent encore un Messie
triomphant, le roi d’Israël qui chasserait les romains hors de
Palestine. Lui leur annonce « pour la première fois » sa passion. C’est
un choc pour tous et la réaction de Pierre est bien humaine : il
s’insurge contre la souffrance et la mort de Jésus.
« il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup »
Quand Jésus dit « il fallait », il se place à la hauteur de son Père
qui ne vit plus dans le temps, qui connaît le passé, le présent et
l’avenir. Si nous lisions à hauteur humaine, nous pourrions croire que
Jésus n’est pas un homme libre mais qu’il est comme téléguidé par son
Père, prédestiné. Il n’en est rien car déjà Jésus engage toute sa
liberté en refusant les protestations de Pierre, et nous verrons lors
de sa passion que sa lutte est continuelle. Ce « fallait » ne renvoie
pas à une exigence du Père mais à une nécessité dans le plan du salut.
« Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Ce
refus de Pierre est une tentation pour Jésus lui-même, que Jésus combat
avec force. Il rejette les reproches de Pierre car ils ne correspondent
pas à la volonté de Dieu. Et Jésus veut par amour faire la volonté de
son Père, qui est de sauver les hommes que nous sommes.
« Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. »
Jésus ouvre le chemin de l’obéissance au plan de Dieu, pour nous
entraîner à sa suite. C’est là toute notre vie de chrétien : rechercher
la volonté de Dieu et essayer de faire sa volonté, comme nous le
demandons dans le « Notre Père. » Cela demande une conversion de notre
cœur, une grande confiance en l’amour de Dieu, une foi pure. Cela
nécessite de croire que Dieu veut le meilleur pour moi, même si cela
est difficile à vue humaine. Que chaque matin je puisse dire à Jésus
« je veux te suivre aujourd’hui », à Dieu « que ta volonté soit faite
aujourd’hui. » Or si je ne suis pas persuadée que Dieu veut mon
bonheur, cette prière est impossible à dire. Et si je m’éloigne du
chemin de Jésus, je ne suis pas découragée car je sais que Dieu
pardonne toujours.
Source : « L’intelligence des Ecritures », MN Thabut, ed. Soceval
dimanche 9 août 2009
Dimanche 9 août
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,41-51.
Comme Jésus avait dit : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel », les Juifs récriminaient contre lui : « Cet homme-là n'est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire : 'Je suis descendu du ciel' ? » Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient à moi. Certes, personne n'a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l'Église « Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie »
Commentaire sur l'évangile de Luc, 22
Comment l'homme, qui demeurait rivé à la terre et restait soumis à la mort, pouvait-il avoir accès de nouveau à l'immortalité ? Il fallait que sa chair soit rendue participante de la puissance vivifiante qui est en Dieu. Or, la puissance vivifiante de Dieu le Père, c'est sa Parole, c'est le Fils Unique ; c'est donc lui qu'il nous a envoyé comme Sauveur et Rédempteur...
Si tu jettes un petit morceau de pain dans l'huile, de l'eau ou du vin, il va tout de suite s'imprégner de leurs propriétés. Si tu mets du fer au contact du feu, il sera bientôt rempli de son énergie, et, bien qu'il ne soit par nature que du fer, il deviendra semblable au feu. Ainsi donc, le Verbe vivifiant de Dieu, en s'unissant à la chair qu'il s'est appropriée, l'a rendue vivifiante.
Il a dit en effet : « Celui qui croit en moi a la vie éternelle. Je suis le pain de la vie ». Et encore : « Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair. En vérité, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous ». Ainsi donc, en mangeant la chair du Christ, notre Sauveur à tous, et en buvant son sang, nous avons la vie en nous, nous devenons comme un avec lui, nous demeurons en lui et lui demeure en nous.
Il fallait donc qu'il vienne en nous de la manière qui convient à Dieu, par l'Esprit Saint, et qu'il se mêle en quelque sorte à nos corps par sa sainte chair et par son sang précieux que nous recevons en bénédiction vivifiante comme dans du pain et du vin. En effet..., Dieu a usé de condescendance envers notre faiblesse et a mis toute la puissance de sa vie dans les éléments du pain et du vin qui sont ainsi dotés de l'énergie de sa propre vie. N'hésite donc pas à le croire, puisque le Seigneur lui-même a dit clairement : « Ceci est mon corps » et « Ceci est mon sang ».
dimanche 2 août 2009
Dimanche 2 août
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,24-35.
La foule s'était aperçue que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus. Alors les gens prirent les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L'ayant trouvé sur l'autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés.
Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. »
Ils lui dirent alors : « Que faut-il faire pour travailler aux oeuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit :
« L'oeuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. »
Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle oeuvre vas-tu faire ?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l'Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. »
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
C'est beau de voir toute cette foule aller à la recherche du Seigneur. C'était déjà l'attitude de ses trois premiers disciples au début de son ministère, puis celle de Marie-Madeleine au matin de Pâques devant le tombeau. Cela doit être aussi notre démarche à chacun. Chercher Dieu c'est bien le but profond de notre vie. C'est pour cela que nous nous rassemblons à l'église le dimanche. Nous n'aurons jamais fini de chercher le Seigneur.
Cet appel retentit constamment tout au long de la Bible : "Recherchez sans cesse la face du Seigneur (Psaume 104). Mettez tout votre cœur à la recherche du Seigneur (1 chroniques 22. 19). "Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube ; mon âme a soif de toi" (psaume 118. 10). Nous sommes tous invités à chercher inlassablement le Seigneur. Et quand nous pensons l'avoir trouvé, il nous faudra continuer à le chercher car il sera toujours bien au-delà de l'image que nous nous faisons de lui et de tout ce que nous pouvons en dire.
Ce qui est encore plus merveilleux, c'est la démarche de Dieu lui-même. Son amour nous précède. Il ne cesse de faire le premier pas vers nous. Au paradis terrestre, il cherche l'homme qui a péché. Et tout l'évangile nous dit que Jésus est venu pour chercher les brebis perdues et les sauver. Aujourd'hui encore, nous rencontrons des gens qui cherchent et se posent beaucoup de questions sur Dieu, sur la foi, l'Église. Et nous-mêmes, nous ne savons pas toujours où nous en sommes. L'important c'est de ne pas s'installer dans le doute mais de continuer à chercher le Seigneur en nous mettant activement à l'écoute de sa parole. Prions-le pour qu'il mette sur notre route les personnes qui nous aideront à le trouver.
Les foules dont parle l'évangile ont retrouvé Jésus sur l'autre rive. Il faut toujours passer sur l'autre rive pour le rencontrer. La foule a fait ce passage en traversant matériellement le lac. Mais elle n'a pas fait le vrai passage, celui de la foi. Jésus le lui fait remarquer ; il lui indique la véritable rive où il l'attend : "Vous me cherchez parce que vous avez mangé du pain ; n'en restez pas là. Le vrai pain n'est pas celui que vous avez mangé hier. Ce n'est pas non plus la manne que vos pères ont mangée dans le désert au temps de Moïse. Le seul vrai pain c'est moi… Je suis le pain du ciel, celui qui donne la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim. Celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif…"
Voilà des paroles fortes qu'il nous faut prendre très au sérieux. Or il faut bien le reconnaître : nous sommes souvent loin de cet idéal. Cet évangile nous interpelle sur le sens que nous donnons à notre vie et à notre travail. Nous vivons dans une société qui met l'argent au premier rang ; il en faut toujours plus pour consommer plus. Et au bout du compte, nous ne sommes pas plus heureux. L'évangile de saint Jean vient nous rappeler que nous devons nous mettre à l'œuvre pour obtenir non pas cette nourriture périssable mais celle qui se garde en Vie Éternelle.
D'après diverses sources
Mais pour en arriver là, nous devons faire un passage, passer du doute à la foi, sortir de nos certitudes et accueillir la nouveauté du message de l'évangile. Accomplir l'œuvre de Dieu c'est "croire" en celui qu'il a envoyé. Quand nous parlons de "croire", ce n'est pas seulement se faire une idée ; c'est donner une réponse qui engage toute une vie. C'est ainsi que Jésus demande au jeune homme riche de vendre tout ce qu'il possède, de le donner aux pauvres et de le suivre. L'important n'est plus seulement d'obéir à des commandements, de lui donner toute notre confiance et d'être avec lui dans une relation de confiance et d'amour.
Comment ne pas penser à ceux et celles qui ont répondu généreusement à cet appel du Seigneur. Certains ont quitté une vie bien confortable pour accomplir l'œuvre de Dieu. Ils savent que cet engagement les conduira sur des chemins qu'ils n'avaient pas prévus. Mais c'est là qu'ils trouvent la vraie joie.
Aujourd'hui, nous prenons le temps de nous regarder en vérité. Reconnaissons les lieux de notre vie où nous ne laissons pas l'amour nous imprégner. L'œuvre de Dieu c'est croire en son amour et nous laisser aimer par lui. Le moyen privilégié pour entrer dans son intimité c'est de reconnaître en lui "le pain de la vie". Mais pour cela, il nous faut sortir de notre rive terrestre purement humaine. Prions-le pour qu'il nous fasse passer vers l'autre rive, celle de la foi. Qu'il vienne nous aider à y demeurer
Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 02/08/2009)
dimanche 12 juillet 2009
Diamnche 12 juillet 2009
Evangile de Jésus Christ selon Saint Marc VI, 7-13
Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais, et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison, restez-y jusqu'à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir. Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
Piste de réflexion
Un peu d’histoire pour commencer… A la mort de Salomon, lors de la division du royaume est deux parties, le royaume du Nord et le royaume du Sud, chacun des deux rois a eu à cœur de montrer l’indépendance politique et religieuse de sa portion du peuple de Dieu. Jérusalem se prévalait évidemment de son temple ; Jéroboam institua donc des sanctuaires pour détourner les siens de Jérusalem : Dan au nord, près des sources du Jourdain, et Béthel au sud.
Amos est un éleveur, très aisé, de la riche bourgade de Téqoa, à vingt kilomètres au sud de Jérusalem. Quand il se retrouve à Béthel pour prophétiser, il est donc doublement à contre-emploi : il est en terre étrangère et il n’exerce pas son métier. Mais il est radicalement libre : il est là parce que le Seigneur l’a envoyé proclamer sa Parole.
Cet appel de Dieu sur certains hommes est au cœur de la liturgie de dimanche prochain. La première lecture est en effet limitée à la réaction du prêtre Amazias et à la réponse que lui fait Amos. Des reproches d’Amazias nous ne retiendrons que trois mots : « Béthel, sanctuaire royal ». Ils expriment parfaitement le nœud de la crise. Béthel, littéralement, veut dire la Maison de Dieu. Or la vie publique en Israël s’est organisée de telle sorte que Dieu n’est plus chez lui, on le rejette, lui et ses envoyés. Le roi lui a volé le peuple qu’il a libéré d’esclavage et qui lui appartient en propre. Ainsi, quand le monde va mal, le Seigneur a choisi de compter sur quelques uns, qu’il envoie défendre son peuple.
Nous ne savons pas qui sera appelé, mais le psaume nous apprend quelle est l’attitude juste : « J’écoute, qui dira le Seigneur Dieu ? ». Ce qu’il dit avant tout, « c’est la paix pour ses fidèles ». Toutes les rivalités et les manipulations politiques dont Amos a souffert viennent de la perte de confiance en Dieu. L’homme érige son propre système, il érige en absolu sa vision du monde et en devient prisonnier au point de perdre confiance en son Créateur. Il nous promet pourtant des lendemains de bonheurs…
Et saint Paul de rappeler qui est notre Dieu et quels sont ses projets pour nous. Il le fait dans une hymne car l’action de grâce est la seule expression possible pour la grandeur de l’appel de Dieu sur l’humanité. Saint Paul nous fait donc élever nos regards bien au-delà des turpitudes bassement politiques pour entrer dans la contemplation du don qu’il nous fait. « Dieu nous a remplis de sagesse et d'intelligence en nous dévoilant le mystère de sa volonté » : « que nous soyons, dans l'amour, saints et irréprochables sous son regard ». Il veut faire de nous des fils, il nous pardonne nos fautes par le sang de son Fils bien-aimé, il récapitule le Ciel et la Terre dans le Christ.
Actualisation
Ce que Dieu a promis, il le fait. Jésus manifeste son appel aux Douze et les envoie en mission. Ils doivent éprouver la même liberté qui était celle d’Amos. Quitter toute richesse et n’être équipé que pour la marche, car le Seigneur pourvoit à tous les besoins vitaux. Et témoigner, toujours. Dans les maisons qui offrent l’hospitalité, en l’acceptant, comme dans celles qui la refusent, en secouant la poussière qu’on ne veut pas emporter. Témoigner, partir et proclamer encore, posant les gestes de guérison qui attestent la parole transmise, tel est le programme de ceux que le Seigneur appelle. Le nôtre.
Fr. Dominique
dimanche 5 juillet 2009
Dimanche 5 juillet
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (6, 1-6)
Jésus est parti pour son pays, et ses disciples le suivent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. Les nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à cause de lui. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans sa famille, son pays et sa propre maison. » Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Il s’étonna de leur manque de foi. Alors il parcourait les villages d’alentour en enseignant
Pistes de réflexions
« Jésus est parti pour son pays, et ses disciples le suivent. » Jésus a commencé sa vie publique en parcourant la Galilée puis s’est installé à Capharnaüm. C’est la première fois qu’il retourne chez lui à Nazareth.
« Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. » Ce rôle n’était pas du tout réservé aux prêtres mais bien aux laïques, donc c’est assez naturel que Jésus prenne la parole à la synagogue.
« D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? » Vraisemblablement, les habitants de Nazareth ont déjà entendu parler de l’enseignement de Jésus et des miracles qu’il a fait dans les autres villes de Galilée.
« N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? » Jésus retrouve ses amis et sa famille (remarquons au passage que « frères et sœurs » signifie « cousins et cousines. » )
« Jésus leur disait : ‘Un prophète n’est méprisé que dans sa famille, son pays et sa propre maison.’ » Jésus découvre avec tristesse que ses proches n’ont pas foi en ce qu’il dit : peut-être connaissent-ils trop bien Jésus en tant qu’homme pour imaginer qu’il puisse être inspiré par Dieu, et même le Messie ? Ils ont en tête une idée toute faite du Messie et se heurtent à l’incompatibilité entre la grandeur de Dieu et la modestie des origines humaines de Jésus.
« Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Il s’étonna de leur manque de foi. » Nous avons déjà vu plusieurs fois que Jésus ne fait des miracles que si la personne concernée a la foi. Par exemple, dans l’évangile de dimanche dernier, Jésus dit à Jaïre : « Ne crains pas, crois seulement. » Ici, Marc retourne la proposition : là où il n’y a pas de foi, il ne peut pas y avoir de miracle.
« Alors il parcourait les villages d’alentour en enseignant. » Jésus aurait bien sûr le pouvoir d’accomplir des miracles spectaculaires pour forcer les Nazaréens à croire en lui, mais il préfère respecter leur liberté et partir prêcher ailleurs. Pour rien au monde Jésus ne voudrait un amour qui ne nous laisse pas pleinement libres.
La porte de notre coeur ne s’ouvre que de l’intérieur : si on l’entrouvre, déjà le vent de l’Esprit Saint nous emplit le cœur d’amour, et la lumière du Christ en éclaire tous les recoins.
Source : « L’intelligence des Ecritures », MN Thabut, ed. Soceval






























